Nouveaux participants accueillis : Marie-Bernard, Claire, Isabelle, Patricia et Brigitte. Accompagnés d'Odile pour l'écriture d'un article sur le groupe.
Étaient présents : Clotilde, Marie-Bernard, Viviane, Claire, Marie-Pierre, Isabelle, Anne-Marie, Dominique, Laurence, Patricia, Odile, Brigitte, Danielle, Gilles et Bernard.
Étaient excusés : Catherine, Mireille.
Le livre a suscité un accueil très enthousiaste, quasiment unanime. Les membres excusés ont également partagé par écrit leur grand intérêt pour l'ouvrage.
Le roman a d'abord été apprécié comme une porte d'entrée sur une réalité historique méconnue : celle du vécu intérieur des populations de l'Allemagne de l'Est après la réunification, marqué par une perte de repères et le sentiment d'avoir été « avalées » par l'Ouest. Danielle a d'ailleurs illustré cette différence persistante par une anecdote sur l'absence frappante de femmes voilées dans les rues de Dresde par rapport à Berlin.
La montée du néo-nazisme et du négationnisme dans l'ex-RDA a suscité de vives interrogations. Bernard a pointé le « point aveugle » du roman concernant les raisons du basculement spécifique de ces déracinés vers le négationnisme, tandis que Danielle y voit plutôt une trajectoire de désaffiliation sociale qu'une idéologie construite.
Le personnage de Kaspard a été unanimement admiré pour sa patience et sa stratégie d'influence par la douceur, la musique et la culture. Bernard y voit la leçon centrale du roman — la culture comme force émancipatrice —, faisant un parallèle avec Le Liseur, tandis que Claire a proposé un rapprochement plus inattendu avec Le Silence de la mer.
Enfin, la conclusion a été perçue de façon contrastée, oscillant entre échec et espoir selon la sensibilité de chacun, tandis que le film La Vie des autres (2006) a été recommandé comme un complément visuel idéal.
Le Prieur de Bethléem de Yasmina Khadra (Flammarion, 2026) : Un roman fort situé en Palestine. L'écriture est magnifique mais l'histoire, sombre, laisse peu de place à l'espoir.
La Maison vide de Laurent Mauvignier (Minuit) : Style très apprécié malgré une certaine frustration sur la psychologie des personnages masculins.
Attaquer la Terre et le soleil de Mathieu Belezi (Le Tripode) : Un livre d'une violence absolue sur la colonisation en Algérie. Historiquement très éclairant mais éprouvant à lire.
En cours de lecture de La Maison vide (750 pages), dont elle souligne le caractère enthousiasmant malgré quelques longueurs.
La Monture de Carol Emshwiller (Argyll éditions) : Une parabole philosophique sous couvert de science-fiction décrivant des humains domestiqués, interrogeant subtilement notre acceptation de la servitude.
Les Éléments de John Boyne (JC Lattès) : Un immense coup de cœur construit autour de quatre récits entrelacés. Traitant des abus sexuels sur mineurs, c'est un livre bouleversant et honnête.
La Joie de vivre de Gisèle Pélicot (Flammarion) : Un ouvrage très clair et bien écrit. Regret partagé que le nom de la co-autrice, Judith Pérignon, ne figure pas sur la couverture.
En voiture Simone d'Aurélie Valognes : Lu via l'association « Lire pour en sortir », l'ouvrage n'a pas été apprécié, jugé trop prévisible et caricatural.
Ses coups de cœur vont à La Maison vide, Madeleine avant l'aube de Sandrine Colette (JC Lattès) et Je n'ai pas eu le temps de bavarder avec toi de Brahim Metiba (éditions Du Mauconduit), un tout petit livre délicat sur le déracinement.
Loin du Mékong de Louis Raymond (Calmann-Lévy) : Souffre de longueurs mais révise efficacement l'histoire et la géographie de l'Asie du Sud-Est.
Nourrices de Séverine Cresson (éditions Dalva) : Lu pour le prix du Gois, un premier roman réussi ancré dans l'histoire cruelle du commerce du lait maternel au XIXe siècle.
Les Garçons de l'été de Rebecca Lighieri (P.O.L) : Un roman très noir sur l'effondrement familial dont la fin l'a déçue par son côté monstrueux.
Un roman russe d'Emmanuel Carrère (P.O.L) : Une lecture spéciale et conflictuelle. Elle indique préférer l'ouvrage Kolkhoze.
Le Visage de la nuit de Cécile Coulon (L'Iconoclaste) : Un immense coup de cœur vivement recommandé, captivant et magnifiquement écrit.
Très brève théorie de l'enfer de Jérôme Ferrari (Actes Sud) : Un court roman très juste analysant les déboires culturels et l'incompréhension d'un Européen à Abou Dhabi.
A beaucoup aimé Les Éléments de John Boyne. N'a pas accroché à Une façon d'aimer de Dominique Barbéris. A adoré Entre toutes de Franck Bouysse (Albin Michel) pour son écriture sensible dédiée à sa grand-mère.
Agréablement surprise par Une façon d'aimer, contrastant avec une précédente lecture de l'autrice qui l'avait ennuyée.
Tarentule d'Eduardo Halfon (La Table ronde) : Lauréat du Prix Médicis étranger 2024, ce court roman explore l'exil d'une famille juive en Floride dans les années 80 et la survie face à l'antisémitisme.
Les Guerriers de l'hiver d'Olivier Norek (Stock) : Un livre historique remarquable et documenté mettant en lumière l'attaque de la Finlande par Staline en 1939 à travers l'horreur des combats par $-40^{\circ}C$.
Relecture appréciée d'Une façon d'aimer de Dominique Barbéris. Salue également la légèreté et la qualité de l'écriture du Lent sourire de Caterina Bonvicini, ainsi que les qualités stylistiques des Mains rouges de Jens Christian Grøndahl. Il est en cours de lecture de EE d'Olga Tokarczuk.
Retenu pour la lecture collective du mois prochain, ce premier roman épistolaire se présente comme une lettre poétique d'un fils adressée à sa mère analphabète. Marqué par le déracinement de la guerre du Vietnam, l'exil aux États-Unis, l'homosexualité et l'addiction, c'est un chef-d'œuvre grandiose sur le pouvoir rédempteur des mots.
Dans le cadre de notre prochaine séance et en collaboration avec Écrivains en bord de mer, nous aurons l'honneur d'accueillir la romancière française Dominique Barbéris (Grand prix du roman de l'Académie française 2023 pour Une façon d'aimer).
Entrée libre et gratuite — Venez nombreux !
Le samedi 4 juillet à 16 heures à la Bibliothèque Lire au Vieil (Rue Mgr Sobeaux, 85330 Noirmoutier-en-l'Île).